Les plates-formes numériques représentent un défi redoutable pour les banques

23/11/2017

Avec l’avènement des plates-formes numériques comme Alibaba et Amazon qui visent les activités les plus rentables de la chaîne de valeur bancaire, les banques du monde entier se retrouvent confrontées à un nouveau défi. C’est ce qui ressort du rapport de McKinsey “Remaking the bank for an ecosystem world”. 

Plusieurs signes indiquent que le secteur bancaire international a retrouvé la santé. Les réserves de capitaux ont été renforcées et les banques ont sabré dans leurs coûts. Mais les bénéfices espérés se font attendre. Le rendement des fonds propres reste peu ou prou limité à la rémunération considérée comme minimale par les investisseurs. Et en 2016, ce rendement a même baissé de pas moins d’un point de pour cent entier par rapport à l’année précédente.

Bref, le redressement d’après crise est assez mitigé et McKinsey y voit plusieurs raisons. Cette évolution est notamment imputable au ralentissement de la croissance du chiffre d’affaires : entre 2015 et 2016, cette croissance n’atteignait que la moitié de celle des cinq années précédentes. Les nouveaux opérateurs numériques pèsent eux aussi sur les prestations du secteur bancaire dans la mesure où ces pionniers convoitent leur clientèle et leurs parts de marché. A cela s’ajoutent aussi de nouveaux poids lourds sur le marché, à savoir les fameuses “plates-formes numériques ” comme Alibaba, Amazon et Tencent qui lorgnent aujourd’hui sur la clientèle des banques pour élargir leur socle initial de produits et services.

McKinsey constate que les fluctuations dans l’évaluation des banques restent considérables, mais souligne également que les raisons de ces fluctuations ont radicalement changé. Le lieu d’implantation n’est désormais plus un facteur déterminant de l’évaluation d’une banque. Alors qu’en 2010, les différences d’évaluation tenaient surtout à la situation géographique d’une banque – les banques établies sur des marchés prisés bénéficiaient en effet d’une meilleure appréciation – en 2017, c’est le modèle d’entreprise et la stratégie qui prévalent essentiellement.

Les banques doivent intégrer la numérisation

Les taux se redressent et les banques ont à nouveau le vent en poupe. Si les clients rejoignent les entreprises numériques, l’impact positif de cette évolution risque toutefois de s’en trouver amoindri, voire anéanti. Les banques ne peuvent se permettre d’encore attendre pour explorer le potentiel de la numérisation. Pour McKinsey, si les banques veulent pouvoir réellement concurrencer les plates-formes numériques, elles doivent prospecter de nouveaux outils et développer de nouvelles compétences de marketing numérique. McKinsey estime que ceci pourrait rapporter aux banques quelque $350 milliards de résultat d’exploitation global et leur permettre en outre de faire face à une nouvelle phase de la banque numérique.

Emergence des plates-formes numériques

Après avoir conquis le domaine du commerce de détail, les entreprises fintech concentrent leur attention sur les services bancaires aux entreprises. Selon la base de données fintech de McKinsey, les solutions de paiement à destination des grandes entreprises représentent l'un des segments qui se développent le plus rapidement. Plusieurs exemples de coopération entre banques et fintechs montrent que l'innovation à grande échelle est très prometteuse. Les fintechs sont donc de moins en moins perçues comme une concurrence et une "menace" pour les banques. Ceci n’est toutefois pas le cas des plates-formes numériques. Les nouvelles stratégies adoptées par ces plates-formes représentent un plus grand défi pour les banques. Ces pionniers numériques brouillent les frontières entre secteurs. Au travers de ces "écosystèmes", ils sont en mesure d’offrir davantage à leurs clients que les banques "traditionnelles" : une large gamme de produits et de services à partir d’une même plate-forme, des coûts réduits, une plus grande facilité d'utilisation et de nouvelles expériences en tant que clients.

Écosystèmes : beat them or join them ?

Selon le rapport, les banques seront confrontées à un choix stratégique : concurrencer ou coopérer ? Dans la course à la clientèle, les banques sont en effet loin d’avoir perdu la partie et elles disposent d’une série d'atouts. Ainsi, l’étude indique que les banques bénéficient d’un plus grand capital confiance que les entreprises technologiques. Elles ont en outre accès à une énorme quantité de données clients précieuses. Les banques qui franchissent le pas numérique recueillent beaucoup de succès avec leurs plates-formes. Le secteur bancaire peut donc certainement rivaliser avec ses concurrents numériques grâce à son imposante clientèle.

Selon McKinsey, une profonde transformation numérique est donc la clé pour faire partie d’un monde numérique et axé sur les données.

En savoir plus ?

Vous pouvez consulter l’intégralité de l’étude de McKinsey ici.

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