2018 : une année passionnante en perspective pour les paiements

Grâce à une collaboration interbancaire efficace dès les années ‘70, les banques belges ont développé des services de paiement à la pointe du progrès et répondant aux attentes des utilisateurs qu’ils soient consommateurs privés ou entreprises. Si à l’origine, la technologie a servi principalement à automatiser et optimiser les processus, elle est devenue aujourd’hui un déclencheur d’innovations et un enjeu concurrentiel important. 

Le développement des nouvelles technologies a induit une concurrence acharnée de la part d’acteurs non bancaires : des start-up ou fintech qui de par leur taille réduite peuvent faire preuve d’agilité et développer rapidement des solutions et services ciblés, mais aussi de gros acteurs mondiaux tels que les Google, Apple, Facebook et Amazon (« GAFA ») qui disposent de moyens financiers considérables mais également d’un taux de pénétration des marchés très important.

La nouvelle Directive relative aux services de paiement (PSD II) qui entrera en vigueur début 2018 a pour objectifs d’ouvrir le marché à tous ces nouveaux acteurs, de renforcer la concurrence et de stimuler l’innovation technologique et l’émergence de nouveaux services.

Pour les banques soumises à ces nouvelles obligations réglementaires, la concurrence sera rude. Mais les opportunités seront là pour celles qui les saisiront, noueront des collaborations et alliances adéquates et capitaliseront sur leur expérience, leur maitrise du monde des paiements mais également sur la confiance du public dans leurs services. 

Dans ce paysage hautement concurrentiel, chaque banque devra revoir ses services, ses business models pour identifier les éventuelles opportunités comme par exemple, offrir elle-même des services d’agrégation de comptes enrichis d’autres services à valeur ajoutée.

Les nouveaux acteurs devront eux aussi relever des défis et s’adapter à de nouvelles règles. Les Third Party Providers (TPP), non régulés à ce jour, devront, pour offrir des services d’initiation de paiement ou d’information sur les comptes, obtenir un agrément délivré par une autorité compétente et se soumettre à sa supervision comme tout autre prestataire de services de paiement.

En outre, ils auront à respecter diverses règles émises par l’Autorité Bancaire Européenne, en particulier en matière de sécurité.

Si les banques devront faire face à de nombreux défis et les nouveaux acteurs à des obligations règlementaires nouvelles pour eux, les utilisateurs confrontés à une palette de plus en plus large et diversifiée de services devront faire des choix mais aussi être vigilants à la sécurité et gérer de manière minutieuse les accès qu’ils donneront aux nouveaux acteurs.

2018 sera une année chargée mais sans doute aussi passionnante ! La PSD II offre des opportunités à la fois pour les acteurs traditionnels et pour les nouveaux acteurs ; à chacun de saisir sa chance. 2018 sera synonyme de challenge !

Anne Demelenne, Manager Payment Systems @ Febelfin