3 questions à Patrick Keusters, Dirk Wouters et Wim Hautekiet

Patrick Keusters, Managing Director Bank Degroof, Représentant activités de niche (banques d’affaires)

Que sont les grands défis dans votre segment de marché ?

La multiplication des réglementations depuis la crise et MiFid II. Bien sûr, il faut des règles pour protéger les investisseurs, mais pour l’heure, ces règles s’appliquent sans distinction de métiers, de taille ou de méthodes de travail. L’implémentation de ces dispositions et leurs aspects organisationnels s’accompagnent de coûts majeurs. De plus, certaines réglementations créent des incertitudes juridiques et risquent d’avoir des effets pervers. La numérisation est un deuxième défi de taille.

Comment décririez-vous la valeur ajoutée de votre segment de marché ?

C’est au niveau du service rendu au client que la valeur ajoutée des banques de niche se marque le plus. D’un côté, il y a une logique produit, de l’autre une approche client. La relation client est au centre de nos préoccupations. Les banques de niche sont focalisées sur quelques métiers spécifiques au contraire des grandes institutions généralistes. Elles ont un business model plus stable, leurs revenus provenant en grande partie de commissions récurrentes. Ce qui leur a d’ailleurs permis de traverser la crise financière sans trop de soucis.

Comment voyez-vous le dialogue entre les milieux politique et financier ? 

Il est parfois difficile de faire valoir nos besoins et contraintes spécifiques dans la mesure où les banques de niche ne représentent qu’une faible proportion du secteur du point de vue de l’emploi ou de la taille du bilan. Il faut donc bien reconnaître que nous subissons des mesures qui ne sont pas adaptées à notre situation particulière.

 

Dirk Wouters, CEO Bank J. Van Breda & Co., Représentant non-grandes banques        

Que sont les grands défis dans votre segment de marché ?

Les défis pour le secteur bancaire sont aussi ceux des banques d’épargne : courbe d’intérêts plate, numérisation, réglementation et contributions. Pour les banques d’épargne, ces dernières s’élèvent à 10% du produit bancaire, ce qui est intenable et déséquilibré. Aussi est-il bon que l’accord de gouvernement veuille répartir ces contributions de manière plus équilibrée entre toutes les activités bancaires. Développer notre service au client pour mieux le satisfaire reste le principal enjeu.

Comment décririez-vous la valeur ajoutée de votre segment de marché ?

Elle tient dans le lien de confiance avec nos clients. Nous le réalisons au travers de focus : un service régional, spécifiquement pour les ménages ou les entreprises et professions libérales. Nous travaillons souvent avec des agents indépendants développant des relations de clientèle stables, souvent par-delà les générations. Notre défi ? Combiner numérique et proximité. On trouve sur internet des rendements intéressants. Mais pas de conseils d’experts sur la partie d’un patrimoine à placer idéalement sur un carnet d’épargne …  

Comment voyez-vous le dialogue entre les milieux politique et financier ? 

La confiance n’est pas encore rétablie : l’opinion publique continue à stigmatiser « les banques ». Pourtant, c’est une erreur de mettre tout le monde dans le même sac. Nous devons inverser la perception négative. Comment ? Par de bons services, un comportement responsable, de la diversité dans le paysage et des fonds propres suffisants. Nous comprenons les besoins du gouvernement mais nous avons aussi besoin de rentabilité pour renforcer en même temps nos fonds propres et le portefeuille de crédit. 

 

Wim Hautekiet, Président BNY Mellon, Représentant prestataires d’infrastructures financières   

Que sont les grands défis dans votre segment de marché ?

Maîtriser la complexité croissante dans toutes nos activités. Nous fournissons des services internationaux pour les institutions financières, les banques, les fonds de pension et les sociétés. Ceux-ci font appel à notre expertise durant tout le processus d’investissement. Les autorités réglementaires suivent elles aussi nos activités de près. Cette complexité ne doit pas nécessairement être préjudiciable à nos clients. Nous recherchons et trouvons constamment de nouvelles solutions générant des rendements élevés.  

Comment décririez-vous la valeur ajoutée de votre segment de marché ?

Confiance et fiabilité sont nos maîtres mots. Un principe de bonne gestion des risques, recueillant l’adhésion de toute l’organisation et dont la direction assume toute la responsabilité, est absolument vital. La réputation d’une banque est son atout principal.

Comment voyez-vous le dialogue entre les milieux politique et financier ? 

Je considère ce dialogue comme particulièrement instructif. Même si nos objectifs sont autres, nos préoccupations sont les mêmes. BNY Mellon n’est pas une banque retail et nous concevons sans doute les choses différemment, mais ce que nous apprécions assurément, c’est que toutes les parties soient, dans un esprit d’ouverture, toujours à la recherche de la solution idéale.